Un soir comme les autres, je n'ai pas envie de dormir. Je reste devant mon écran et je scrute l'actualité du net. Le nez devant mon écran, mes yeux sont attirés par des titres aussi accrocheurs les uns que les autres. je me surprends à lire les articles à point d'heure. scotché par certains, lecture en diagonal pour d'autres, je ne me rends pas compte que je partage ma sélection nocturne. un clique sur le bouton [twitter] c'est si simple. Il me faut m'extraire de cette addiction journalière. À peine sorti de ma torpeur, j'observe, avec stupeur, ce tsunami de tweets submergeant la page d'accueil de mes abonnés.

Il y a 2 types de Twittos : ceux qui n'arrêtent pas de tweeter et les autres.

Depuis longtemps je m'interroge sur le comportement des twittos : Est ce que la façon de tweeter donne des indications sur notre personnalité ? Prenons quelques cas concrets.

Après avoir répondu à ce quizz [quel twittos êtes-vous ?], si vous avez une majorité de

Vous faîtes partie du cas N° 1

Vous faîtes partie du cas N° 2

Vous faîtes partie du cas N° 3

Cas n° 1 : se servir de Twitter comme revue de presse

Issu de personnes qui ne font pas confiance aux réseaux sociaux, elles utilisent Twitter pour s'informer. Ce sont les fanatiques d'actualités. Pour ne pas perdre une miette de l'information en continue, ils s'abonnent aux différents flux de la presse spécialisée. Que peut-on dire de ces twittos ? Qu'ils resteront toujours au courant. Ils auront l'info avant tout le monde et pourront tweeter avec frénésie ou garder l'info pour eux. Le plus souvent ces gens ne veulent pas se faire connaître. Il garde l'anonymat en utilisant un pseudo. La gloire ou la reconnaissance ne les intéresse pas. Faire péter le score des tweets n'est pas leur passe-temps privilégié. Ils restent discrets. Retweete très peu. Néanmoins ils s'affolent quand la liste des tweets s'allonge, rassurés quand ils ont tout lu, angoissés par le nombre des nouveaux qui s'entassent. Une chose est sure, quand ils partagent une information, celle-ci est plutôt sérieuse. Ce qui nous en dit long sur leurs comportements : observateurs, ils doutent de tout et sont très fort pour vérifier et recouper les informations. Un avis ne leur suffit pas, ils aiment comprendre tous les points de vue avant de se prononcer. Ce sont des gens qui, au quotidien, argumentent et ne font rien au hasard. Discrets, ils participent peu aux échanges infructueux de discussions virtuelles. Ils frisent la limite de la paranoïa. Néanmoins, ce sont des personnes intéressantes quand elles participent aux débats de société, n'ayant pas peur de déballer une argumentation solide, pertinente et efficace.

 Cas n° 2 : tweeter comme un acharné tout ce que l'on fait sur Internet

Nous rencontrons ce cas tous les jours. Des petits joueurs font grimper leur nombre de tweets à la vitesse de la lumière. Les passionnés vont scruter la toile pour arroser leurs abonnés d'informations. Vient ensuite cette frénésie de cliquer sur le bouton tweeter de chaque article. La satisfaction de voir notre sélection retweeter encore et encore. Tous les moyens sont bons pour faire du chiffre : le jeu du "retweetes moi et je te retweete", l'attaque massive des #FF, l'avalanche des "merci les nouveaux followers" ou des "bienvenue à @machin". Je considère cette pratique comme une certaine forme de gamification. Je fais parti de ces exemples. J'ai commencé par me faire un petit réseau. Je voulais me servir de Twitter comme d'une revue de presse. Envouté par la facilité déconcertante de ce réseau social, je suis tombé très vite dans l’addiction du tweet. Chaque jour je dois atteindre mon quota. Dans quelques heures je vais dépasser une centaine de partages. Dans un mois je change de milliers. Croyez-moi, le fait de voir ce nombre grandir est effrayant. J'en veux toujours plus. Est-ce que nous pouvons dire que tous mes tweets sont intéressants ? Évidemment que oui ! Ce que je tweete va intéresser tout le monde. J'en suis l'auteur alors c'est forcément séduisant. Ces informations proviennent de blog, de presse en ligne et de passionnés dans n'importe quel domaine. Petit sondage : Qui a lu en entier les articles tweetés ou retweetés ? Non ! que les titres ça ne compte pas ! Ah si ! les individus du cas n° 1 le font. Que peut-on dire de ces twittos ? Qu'ils aiment la gloire. Ils attendent une reconnaissance. Ils adorent jouer et surpasser leur mentor d'infortune. Ils scrutent le net à la recherche d'infos croustillantes (pas forcément fraiches). Ils n'hésitent pas à inonder leurs abonnés jusqu'à que ceux-ci perdent patience. Dans ce cas il est primordial de connaître les usages, les coutumes et le vocabulaire des twittos.
Une dernière ligne pour montrer les points positifs de ce cas : se faire des amis, avoir le sentiment d'appartenir à un groupe, relayer l'information pour sensibiliser les autres, respecter les sources, contribuer au développement de Twitter. 

Cas n° 3 : inviter, informer, divertir ses milliers d'abonnés

Nous allons extraire du cas n° 2 une partie non négligeable ayant pour but d'animer le réseau social. "Animer" est une notion vague. D'un côté, nous avons les entreprises tweetant sans arrêt pour rentabiliser leur présence et nous vanter leur efficacité. De l'autre, ceux qui inventent des thèmes de tweets pour amuser la communauté. N'oublions pas les blogueurs et la presse arrosant le public de leur savoir et de liens menant à leurs articles. Pourquoi de telles animations, des tas de liens ou de # se bousculant à chaque fin de message ? Ce cas là montre l'importance pour les twittos de se démarquer afin de se faire remarquer. C'est dans la définition même de Twitter que d'utiliser cet outil de communication pour se mettre en valeur, se vendre ou faire parler de soi. Cette pratique marketing est ancrée dans les mœurs. La virtualisation et la dématérialisation de soi intensifie le désir de reconnaissance. La satisfaction d'exister au travers des centaines de milliers d'avatar est bien plus jouissif que d'une dizaine d'individus de notre quotidien social. Le cas n° 3, à la différence du cas n°2, ne cherche qu'à augmenter le nombre de ses abonnés. Plus le chiffre grossi, plus l'ego de ce twittos est monstrueux. Cette sensation d'appartenir et d'avoir un rôle majeur dans ce groupe monumental a de quoi être grisant. Sa quête de légitimation au sein d'une communauté le pousse à innover sans arrêt pour susciter l'intérêt des autres.

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Et les autres ???

Cas n° 4 : raconter sa vie en 140 caractères

Nous n'allons pas tergiverser sur ce cas. une grosse partie des utilisateurs de réseaux sociaux racontent leur vie. Selon toute vraisemblance, le contenu des messages est sans intérêt. Si ce sont d'illustres inconnus. Si Justin Bieber venait à écrire que son chien est mort, alors là le monde des jeunes pucelles s'effondre. Qui a envie de savoir que je suis allé au cabinet ? Qui a envie de savoir que mon chien est mort ? qui a envie de savoir que ... ? Nous nous sommes tous demandés quelles sont les raisons qui motivent les gens à exprimer de l'inutile. Je vous fait part de ma théorie : ils ne veulent pas se sentir seuls. Un profond désir de balancer de l'insignifiant pour capter l'attention. Il va bien finir par hameçonner un avatar et poursuivre une discussion avec celui-ci. La solitude devrait être un problème de santé public. Tellement les réseaux sociaux regorgent d'incompris et de misérables en manque d'affection. D'ailleurs, isolés, en rupture social, certains n'hésitent pas à dénoncer, à balancer des pseudos injustices : « Nabila est une grosse p... ! » ou bien encore « J'aime me masturber en regarder Nicki Minaj ! » - J'ai rien contre ! Cependant, polluer le réseau avec des interjections pareilles c'est bien un signe de détresse. En réalité, il faut comprendre : « Sauvez-moi de ma médiocre condition humaine. Je cherche à m'en sortir mais seul cela m'est impossible ! » - Faire appel à la solidarité publique demeure instinctif, l'instinct de survie pour ne pas voir effacer son existence.

Cas n° 5 : tweeter plus vite qu'un mail pour plus d'impact qu'un sms

Je ne peux m'empêcher de parler de l'action d'un tweet sur une population entière. Je fais bien sûr référence au printemps arabe. Les réseaux sociaux ont joué un rôle déterminant sur la révolution. Relayer, partager, véhiculer un message à grande échelle est devenu courant grâce à un outils tel que Twitter. En 140 mots, nous réussissons à atteindre les consciences. Le petit gazouillis a su prendre place dans notre quotidien. Il surclasse le mail trop long et vieillissant. Avec sa rapidité et sa facilité il a bien plus d'influence que notre démodé sms. Et notre cas n° 5 alors ? Dans ce contexte, un cas n° 5 prend son envol lorsqu'il veut défendre une cause ou qu'il veut agir dans son intérêt pour le bien de tous. Mais aussi impacter son message sur son clan : organiser un évènement, dénoncer la catastrophe de Fukushima, s'indigner sur les atrocités en Syrie ou exprimer son soutien à un club de foot. Les personnes qui utilisent Twitter pour scander leur mécontentement ou lever le poing de la liberté ne le font-ils pas aussi d'une manière démagogique ? C'est un autre débat. Remarquons que ce genre de personnes ont un côté démoralisateur, planificateur, réactionnaire, et bien d'autres encore. Ils maîtrisent parfaitement ces outils et ont un solide réseau étendu pour retentir de la sorte. Il faut être convaincu, acharné, motivé, sociable, savoir s'adapter, progressiste avec un zeste provocateur pour mobiliser des milliers de personnes.

Cas n° 6 : le tweet de trop ou le tweet malheureux

Le dernier cas qui me vient en tête, c'est la caste des bouffons. Les farces de nos célébrités sur le canal twitter. Une petite bourde par ci, une petite maladresse par là et la blogosphère est en émoi. Oui ! on retweete mieux quand c'est une personne de notoriété publique. Des exemples vous en trouverez tous les jours. De la politique aux stars de cinéma, ça ne manque pas. Arrêtons nous sur le pourquoi. Nous pourrions croire qu'ils sont tellement bêtes qu'ils ne mesurent pas l'importance de leurs tweets. Rétrospectivement, le lecteur partageant le tweet n'est-il pas encore plus bête de le croire ? Des personnages publics ou culturels, aimant la plèbe, n'auraient pas conscience des conséquences dévastatrices de leur bêtise ? Si la célébrité est saine de corps et d'esprit, elle manipule les twittos. Tweet 0 : « Quand j'ai appris que Xavier Bertrand appartenait à la franc-maçonnerie, je ne me suis pas étonné de le découvrir maçon ; mais franc, ça m'en bouche un coin. » - Un tel message ne peut pas être une bévue. L'auteur cherche à nuire aux individus cités en public. Une guerre ouverte d'hommes de pouvoir, vaniteux qui s’étripent en gazouillant bruyamment. Amusez-vous à reprendre les tweets de nos hommes politiques. Si la célébrité n'a pas tous ses moyens intellectuels (sous l'emprise de substance narcotique par exemple) et bien là aussi ne croyez pas en la sottise humaine. C'est le subconscient de la personne qui prend le dessus. Ce subconscient s'exprime, trop content d'avoir pu se libérer. Et si vous relisez mon tweet 0, ci-dessus, il n'aura plus la même signification, n'est ce pas ? Sauf si les deux fois vous lisiez sous l'emprise de substances illicites ou tout autre addictif. Toute proportion gardée, ce genre d'amuseur de la place publique est un fin manipulateur, aigri, prenant à parti l'opinion publique pour décupler son sentiment de toute puissance.

En conclusion que peut-on retenir ?

  • Que seuls les paranoïaques survivront.
  • Qu'un clic peut en cacher un autre.
  • Qu'inonder la page d'accueil de ses abonnés est une grave erreur.
  • Que pour exister ça ne sert à rien d'écrire n'importe quoi.
  • Que pour faire la révolution il n'est plus nécessaire de descendre dans la rue.
  • Que paraître bête c'est une forme d'intelligence.
  • Que les informations pertinentes et les idées constructives méritent d'être partager !
#FF @kamillehuber merci pour ton aide !